"C'est parfois l'impatience de réussir qui fait perdre..."
Je suis le genre de personne qui peine souvent à trouver ses mots, mais qui pourtant a une idée plutôt claire de ce qu'elle recherche, de ce pourquoi elle se bat.
J'écris souvent pour ne rien dire, juste pour le plaisir de laisser ma tête et mon cerveau pondre de nouveaux mots au fur et à mesure que les secondes passent. J'aime la sensation de voir une histoire ou tout simplement une phrase naître sous mes doigts, sans qu'elle n'ait au préalable fait l'objet d'une quête ou d'une réflexion approfondie. C'est une manière, pour moi, de ne pas me laisser sombrer dans un cogito sans fin, ni emporter par une vague d'émotions que je n'arrive pas à véritablement contrôler.
L'écriture guérit l'âme dit-on, et c'est que j'ai essayé d'expérimenter tout au long de ces années de vie tumultueuses que j'ai eu à passer, et qu'il m'arrive encore parfois de vivre.
Écrire me permet tout simplement de m'exprimer car je viens d'un milieu où on m'a appris à ne pas dire tout ce que j'avais sur le cœur, soit par peur de blesser les gens, soit par peur de regretter ou encore parce que c'est simplement un signe de respect que de garder le silence devant certaines situations. Ainsi pour évacuer j'étalais tout mon lot de désespoir, de frustrations, de dépit sur des papiers parfois inachevés et je les déchirais par la suite en signe de pardon ou par désir d'oubli. Mes journaux sont et demeurent encore aujourd'hui l'un des moyens les plus efficaces, si je peux le dire ainsi, de m'auto évaluer et d'analyser mes sentiments les plus secrets, mes déboires, mes échecs, mes quêtes désespérées d'amour et de reconnaissance.
Il en faut du temps pour guérir émotionnellement, psychologiquement de certaines situations. Et j'avoue que l'écriture a pour beaucoup été une porte de sortie pour moi, ou le moyen d'amorcer une guérison dans certains cas.
Mais c'est dommage que parfois cela met du temps. On n'écris pas aussi vie qu'on le veut, ou on ne trouve pas les mots les plus adaptés ou adéquats pour exprimer ce que l'on ressent au fonds de soi. Parfois on n'est obligé de déguiser la réalité sur le papier par crainte que quelqu'un ne nous surprenne ou ne tombe sur nos écrits. Ainsi on s'empêche d'être fidèle et honnête envers soi et ce bien souvent.
Combien de fois, en cette vie, n'ai-je pas eu l'idée ou l'envie d'écrire des histoires, de peindre des romans, de chanter des poèmes à la pointe de mon stylo sur des papiers que j'espérais de tout mon cœur s'envoler au large, afin d'apporter à ma vie un peu plus de couleurs, tel une prière adressée au bon Dieu depuis le tréfonds de mon âme. Il s'en est fallu de peu que je transforme ma vie en un conte de fée, et que je m'évade au son, à la pensée de mes écrits.
Mais au final, tout n'est que désir et poursuite du vent! A quoi bon poursuivre du regard l'horizon, et de ses doigts tenter de le toucher? L'horizon est inatteignable et c'est cela justement qui en fait toute la beauté. Hier est déjà passé, et chercher à rattraper nos erreurs nous fait perdre le bonheur qui réside en l'instant présent.
Vivre une vie sans regrets devrait être l'objectif de tous en ce monde. Et si l'écriture aide, alors pourquoi ne pas s'y adonner?
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